Avant la fête, la tempête

Vendredi, 20 h. Dans la chambre d’une jeune fille. Des vêtements tapissent le sol, les meubles, eux, croulent sous les produits de beauté et une odeur de parfum embaume la pièce.

Elles sont deux, parfois trois, à débattre devant le miroir à propos de la tenue que elles vont porter ce soir. Jean ou jupe ? talons ou baskets ? Le dilemme du vendredi soir. Tout dépend, évidemment, de “l’ampleur” de la soirée.

En fond, une enceinte diffuse le dernier album de The Weeknd. Peu à peu, la chambre se transforme en scène de karaoké, puis en piste de danse improvisée. Entre deux refrains, les discussions fusent, les ragots volent et les rires éclatent.

Soudain, un cri : « Déjà l’heure ?! » Panique générale. Personne n’est prête. Les pinceaux, fers à lisser et fards à paupières s’entrechoquent dans un chaos parfaitement organisé. La cadence s’accélère, le désordre aussi. Et la chambre se transforme en scène de guerre, en cambriolage ou en bagarre générale personne ne sait.

Avant de filer, un dernier selfie, une story postée à la hâte, parce qu’une soirée n’existe pas sans preuve numérique. Le taxi klaxonne, elles attrapent leur sac et leur veste et s’en vont en vitesse. La porte claque. Silence.

Il ne reste que le parfum, le bazar… et la promesse qu’en rentrant, il faudra bien tout ranger.

 

Par Arwen Minet